Un film de William Friedkin (1974 - USA) avec Ellen Burstyn, Linda Blair, Max Von Sydow, Jason Miller
Toujours aussi efficace !
L'histoire : Iraq. Le père Merrin, archéologue, tombe sur des vestiges où il reconnaît le culte du démon Pazuzu. Agé, épuisé, et pris de malaises,
il rentre aux Etats-Unis. Chris est actrice, en tournage à Washington. Elle a loué une maison dans la périphérie, où elle vit avec sa fille Regan, douze ans. Nous suivons parallèlement
l'histoire du père Karras, spécialisé en psychiatrie, en proie aux doutes, et très perturbé par la maladie de sa vieille mère qui se sent abandonnée, seule à New York, alors
qu'il a accepté ce poste à Washington. Des choses un peu étranges surviennent dans la maison de Chris, et Regan commence à présenter des troubles de comportement de plus en
plus inquiétants. Médecins, psychiatres, neurologues cumulent les examens ; rien ne semble clocher. Regan a dû développer une profonde psychose et ils songent à l'interner, ce à quoi Chris
s'oppose formellement. Les scientifiques avouent alors leur totale impuissance et lui suggèrent de s'intéresser... aux exorcismes. Elle contacte le père Karras, dont on lui a vanté la
double compétence : religion et psychiatrie. Il fera lui-même appel au père Merrin, ce nom étant prononcé par la petite Regan, totalement défigurée par la possession démoniaque dont elle est
victime...
Mon avis : Le film repassait l'autre soir sur la TNT et mon homme a souhaité l'enregistrer. Moi, à dire la vérité, je n'étais guère tentée : je le
connais par coeur !!! Et puis hier soir, il a eu envie de le voir... Allez, va pour L'exorciste. En fait, j'ai été très agréablement surprise parce que malgré les années, le film
vieillit bien, et, si on croit se rappeler de tout, en fait c'est faux. Evidemment, on n'a plus les poils qui se dressent debout (enfin mon mari un peu, encore...) et les effets spéciaux,
totalement terrifiants à l'époque (maquillage de la gamine, tête qui tourne) s'avèrent manquer un tout petit peu de crédibilité. Je dis bien "un tout petit peu". Car le coup de la môme qui
descend l'escalier à quatre pattes, mais le corps à l'envers (comment expliquer ça à ceux qui ne l'ont pas vu ? impossible ! j'ai jamais vu une chose pareille !)... j'avais complètement
oublié, j'ai sursauté et je n'ai pas eu le temps de me poser de questions sur la façon dont ça avait été fait !
Bref, L'exorciste, ça marche toujours ! C'est vraiment un chef d'oeuvre du genre, inégalé jusqu'à présent. Une mise en scène parfaite, avec un suspense qui
grimpe très lentement, puis les scènes d'horreur qui se succèdent... et cette petite musique... Brrr... C'est sûr, depuis on a fait plus hard, plus sophistiqué, mais pour moi L'exorciste
reste le numéro un, celui qui a tout inventé, dans le genre Possessions (assez peu prolifique, du reste ; les bonnes histoires sont rares).
J'avoue être assez terrifiée par le démon Pazuzu, car c'est de lui dont il s'agit. On le voit au début du film dans une sorte d'affrontement avec le père Merrin,
alors qu'il est encore archéologue en Iraq, et aussi à la fin dans une scène où Regan se dresse sur son lit, avec le démon en arrière-plan. A part ça, il est en fait très peu évoqué et c'est dans
la suite, L'hérétique, qu'on
en apprend davantage sur cet antique esprit assyrien. C'est pour ça que j'avais beaucoup apprécié ce deuxième épisode alors que les critiques et le public n'ont pas trop
suivi. Passionnée de religions, toutes les religions, j'avais beaucoup apprécié. Il y a eu deux autres suites, que je n'ai pas vues ; j'imagine qu'elles ne doivent pas être terribles,
elles n'ont guère fait de bruit.
Pour en revenir à notre Exorciste, premier opus, ici présent, savez-vous que le film s'inspire d'une histoire vraie ? Celle d'un petit
garçon connu sous le pseudonyme de Roland Doe, attribué par l'église catholique ; c'est la procédure habituelle lors d'un exorcisme, pour la confidentialité du dossier. Plus tard, un
écrivain, William Peter Blatty (il est d'ailleurs producteur du film), racontera le cas dans un livre, en donnant un autre nom à l'enfant, Robbie Mannheim. Son identité réelle n'a jamais été
révélée.
William Peter Blatty a écrit son livre cinquante ans après les faits, après avoir étudié une grande quantité de documents et interrogé de nombreux témoins.
Années 40. Robbie est fils unique et habite avec ses parents à Cottage City, Maryland. Alors qu'il a treize ans, on entend dans la maison des bruits de pas, les
meubles bougent et les objets se mettent à voler ou en lévitation. Puis des égratignures, des flèches, des mots (enfer) apparaissent sur la peau de l'enfant. Robbie est examiné par des
médecins et des psychiatres qui disent n'avoir aucune explication pour ces phénomènes. Le révérend Schulze demande à ce que Robbie passe une nuit chez lui, afin de l'observer à son tour. Pendant
la nuit, il entend des vibrations sous le lit du garçon, des bruits dans les murs ; un fauteuil se renverse tout seul et les couvertures du lit de Robbie se mettent à fouetter les airs. Schulze
en conclut qu'un démon est présent et qu'un exorcisme est nécessaire. Il sera pratiqué selon le rite de l'Eglise anglicane... qui semble ne pas suffire. Robbie est alors présenté à un prêtre
catholique, le père Edward Hughes, qui décide de faire un second exorcisme. Pendant l'opération, Robbie inflige au prêtre une blessure qui nécessitera plusieurs points de suture et l'empêchera de
venir à bout du démon. Il faudra pratiquer un troisième exorcisme, avec trois prêtres. Robbie pousse des hurlements, crache, casse le nez d'un prêtre... Il faudra en tout trente séances sur deux
mois. Tout va enfin se terminer, avec un grand claquement, comme un coup de tonnerre, et Robbie, retrouvant sa voix d'enfant, dit dans un souffle : "C'est fini... c'est
fini..." Robbie n'a plus jamais eu aucun trouble. Il est aujourd'hui marié et a eu des enfants. Il dit avoir tout oublié de cette période de sa vie.
Depuis... les tentatives d'explications s'enchaînent, schizophrénie, hystérie, troubles mentaux... sans que rien de réellement convaincant ne sorte, Robbie ne
présentant jamais les symptômes habituels des différentes maladies psychiatriques invoquées. Mais les détracteurs affirment que Robbie était tout simplement un enfant gâté, résolu à
attirer l'attention sur lui et à ne plus aller à l'école...
A ce jour, personne ne connaît la vérité et Robbie dit avoir tout oublié de cette période de sa vie.
En tous cas, le film qu'en a tiré Friedkin est un MUST absolu du cinéma d'épouvante.
xxx